14/10/2008

Race in America

La dimension raciale est omniprésente dans les analyses aux Etats-Unis: impossible d'aborder un sujet sans évoquer longuement l'importance de la race. Et les statistiques ethniques sont légales et nombreuses (ce qui me permet par exemple de savoir qu'il y a 3% de noirs dans Upper east side -le 16e de Manhattan- et 77% dans Harlem!). Et pourtant...
...une conférence sur l'impact de la race dans les prochaines élections est venu relativiser cette approche. D'une part, Obama le métisse met en évidence l'ambivalence de la notion de race: il est autant noir que blanc! Alors pourquoi toujours le placer dans une seule des deux catégories? Les African-Americans semblent d'ailleurs ne pas le considérer comme l'un des leurs (sa mère est américaine, son père kényan, rien à voir avec les African-Americans).
D'autre part, la victoire d'Obama (de plus en plus probable) viendrait paradoxalement atténuer la notion de race plutot que l'exacerber. Et notre expert de citer l'élection de Kennedy qui a bouleversée la vision des catholiques irlandais aux USA. Et ce mouvement est déjà largement entamé quand on regarde le graphique ci-dessous: l'identité de classe prime sur l'identité raciale (quelque soit la "race")!
L'image “http://www.iserp.columbia.edu/news/articles/images/common.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
J'en conclus que l'analyse des universitaires et des média est en décalage avec la réalité, en continuant à mettre l'accent sur le clivage racial alors que celui-ci est en train de disparaitre.

2 commentaires:

Antoine SC a dit…

Je pense que ça pourrait quand même être instructif d'avoir le droit d'utiliser ce genre de statistiques en France, ne serait-ce que pour mesurer l'ampleur des discriminations. Et c'est vrai que même en France, Obama est toujours présenté comme "noir" alors que c'est un métis. Caramel, à la rigueur ?

Julien a dit…

d'accord avec antoine (avec 3 semaines de retard). Je pense que l'élection de Obama met à nous tous français une belle claque. Des statistiques "raciales" mettraient en lumière ce dont l'on se doute tous : pour réussir en france (statistiquement) il faut être issu de la classe socio professionelle "cadre, ingénieur, supérieur,...", et être blanc.

Moi j'ai reçu une belle claque lorsque l'on m'a demandé "quelles sont les principales difficultés pour les immigrés en France ?". J'ai répondu : probablement la discrimination. Mon interlocuteur marocain me répond, presque ahuri "AH bon? même avec la devise liberté, égalité, solidarité?"...

C'est beau les valeurs, mais surtout à l'étranger !